Thomas Higashiyama : La lecture bd mise à nu...
vendredi 29 octobre 2010 :: lu & vu :: #119 :: précédent :: sommaire :: suivant
Comme je suis chargé de cours dans l’atelier d’illustration des arts décos de Strasbourg, j’ai suivi cette année un projet de diplôme très original.
Il émane non d’un illustrateur ni d’un scénariste, mais d’un graphiste qui s’intéresse à la bande dessinée.
Thomas Higashiyama vient d'être sélectionné dans le numéro d'octobre de l'exigent magazine Étapes

Son discours explique bien sa démarche :
"La Bande Dessinée pose des questions de mise en page, de rapport au signe, de lecture... Des questions qui sont directement liées à la pratique du graphisme et que j'avais envie de développer.
Le travail que j'ai mené est un travail de recherche, qui a pour cadre et qui reprend le vocabulaire de la bande dessinée, mais je ne suis pas moi même l'auteur d'une bd. J'ai abordé ce support en tant que graphiste.
Je me suis intéressé plus particulièrement à la question de la lecture en bande dessinée. J'ai cherché à voir dans quelle mesure cette lecture ne passe pas uniquement par le texte et le dessin, mais passe aussi par la construction de la page et l'organisation de ses signes.
J'ai suivi différentes pistes au fil de l'année par rapport à ce questionnement. J'ai commencé par exemple à composer des planches en utilisant uniquement des cases noires. J'ai aussi tenté de brouiller la lecture en distordant les images, j'ai essayé de faire une bd illisible...
Finalement, j'en suis arrivé à réaliser un livre composé uniquement de cases, de bulles et de fonds colorés. En évacuant le contenu des bulles et les représentations figuratives et en utilisant le vocabulaire le plus basique de la bande dessinée, j'ai cherché à mettre en place une narration visuelle.
J'ai travaillé sur des rythmes différents, des répétitions, des pages claires et d'autres éclatées... J'ai tenté d'emporter le lecteur dans le mouvement d'un récit sans qu'il n'y ait ni texte à lire, ni images à déchiffrer.
images © Thomas Higashiyama
Sa maquette fait pour l’instant quelques 100 pages. Malgré ce travail, le projet n'est pas abouti. Pour aller plus loin, il nécessite maintenant l’accompagnement d’un éditeur.
Cet album n’a de sens que s’il est très dense, s’il réussi à véritablement immerger le lecteur dans son rythme et sa fluidité. Mais s’il y parvient, ce dont je ne doute pas, il produira une bande dessinée sans texte, sans personnages et même sans dessins (mais non dénuée de narration ni d’impressions ni parfois d’émotions) et qui intéressera tous les auteurs qui aiment leur média.
Voir plus d'images de Thomas ici sur le site du magazine Étapes
Joseph Béhé
Il émane non d’un illustrateur ni d’un scénariste, mais d’un graphiste qui s’intéresse à la bande dessinée.
Thomas Higashiyama vient d'être sélectionné dans le numéro d'octobre de l'exigent magazine Étapes

Son discours explique bien sa démarche :
"La Bande Dessinée pose des questions de mise en page, de rapport au signe, de lecture... Des questions qui sont directement liées à la pratique du graphisme et que j'avais envie de développer.
Le travail que j'ai mené est un travail de recherche, qui a pour cadre et qui reprend le vocabulaire de la bande dessinée, mais je ne suis pas moi même l'auteur d'une bd. J'ai abordé ce support en tant que graphiste.
Je me suis intéressé plus particulièrement à la question de la lecture en bande dessinée. J'ai cherché à voir dans quelle mesure cette lecture ne passe pas uniquement par le texte et le dessin, mais passe aussi par la construction de la page et l'organisation de ses signes.
J'ai suivi différentes pistes au fil de l'année par rapport à ce questionnement. J'ai commencé par exemple à composer des planches en utilisant uniquement des cases noires. J'ai aussi tenté de brouiller la lecture en distordant les images, j'ai essayé de faire une bd illisible...
Finalement, j'en suis arrivé à réaliser un livre composé uniquement de cases, de bulles et de fonds colorés. En évacuant le contenu des bulles et les représentations figuratives et en utilisant le vocabulaire le plus basique de la bande dessinée, j'ai cherché à mettre en place une narration visuelle.
J'ai travaillé sur des rythmes différents, des répétitions, des pages claires et d'autres éclatées... J'ai tenté d'emporter le lecteur dans le mouvement d'un récit sans qu'il n'y ait ni texte à lire, ni images à déchiffrer.
images © Thomas Higashiyama
Sa maquette fait pour l’instant quelques 100 pages. Malgré ce travail, le projet n'est pas abouti. Pour aller plus loin, il nécessite maintenant l’accompagnement d’un éditeur.
Cet album n’a de sens que s’il est très dense, s’il réussi à véritablement immerger le lecteur dans son rythme et sa fluidité. Mais s’il y parvient, ce dont je ne doute pas, il produira une bande dessinée sans texte, sans personnages et même sans dessins (mais non dénuée de narration ni d’impressions ni parfois d’émotions) et qui intéressera tous les auteurs qui aiment leur média.
Voir plus d'images de Thomas ici sur le site du magazine Étapes
Joseph Béhé
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Commentaires
1. Le samedi 30 octobre 2010 à 12:18, par Boyan
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